Association Tourisme Sans Frontières

Le Tourisme au Maroc

Contrairement à certains pays, tels l’Algérie, Cuba…, qui étaient hostiles pour des raisons idéologiques et politiques, à l’insertion du tourisme international dans leurs stratégies de développement, le Maroc, réputé pour avoir une tradition touristique relativement ancienne, compte de plus en plus sur ce secteur d’activité pour promouvoir son développement économique et social. En effet, si le tourisme a commencé à se développer à partir du protectorat, c’est surtout depuis les années 60 que ce secteur s’est vu attribuer une priorité dans les plans de développement retraçant les choix économiques et sociaux du pays. Toutefois, ce choix en faveur du développement touristique s’est beaucoup renforcé depuis le lancement de la nouvelle stratégie touristique, concrétisée par la signature en 2001d’un Accord-Cadre entre le gouvernement et les professionnels du secteur, préconisant un partenariat et un pilotage coordonné de la politique touristique.

 

En tant que pays en développement, non producteur de pétrole, ayant une dette extérieure et des problèmes économiques et sociaux qui continuent de peser sur son économie, il est, certes, justifié, que le Maroc, disposant d’indéniables potentialités touristiques, s’engage dans la voie du développement touristique pour bénéficier de ses effets économiques, financiers et sociaux, dans le but d’honorer ses engagements financiers vis-à-vis de ses bailleurs de fonds et assurer une croissance économique soutenue, objectifs préalables à la réalisation du développement socioéconomique du pays.

 

Ce sont donc des considérations économiques, financiers et sociales qui ont motivé le lancement de la politique touristique relative à la Vision 2010, sans une large prise en compte des aspects qualitatifs. Il a fallu attendre que certains problèmes, défiguration des paysages, tourisme sexuel, etc., prennent une dimension inquiétante pour que les principaux acteurs concernés, gouvernement et entreprises touristiques, se rattrapent en intégrant il y a quelques mois une dimension plus qualitative à travers la création du Comité Marocain pour un Tourisme Responsable (C.M.T.R.), dont la principale mission est de sensibiliser les différents acteurs sur les problèmes que peut générer un tourisme moins soucieux du respect des traditions locales et de la préservation de l’environnement.

 

Ainsi, le tourisme ne peut s’en remettre aux seules lois du marché et qu’il doit s’insérer dans une stratégie de développement durable en évitant que les externalités négatives (dégradation de l’environnement, déstabilisation culturelle, tourisme sexuel, atteinte à la santé, etc.) ne finissent par l’emporter sur les effets positifs, attendus en termes de croissance, d’emplois et d’équilibre de la balance des paiements courants.

 

Vu ses multiples enjeux et les divers intérêts que le tourisme fait intervenir sur le plan national (équilibres macroéconomiques), local (développement socioterritorial) et international avec la prise en compte des biens publics mondiaux (sécurité, santé, environnement, etc.) et l’encouragement de relations Nord-Sud plus équitables, répondant aux aspirations de développement des économies émergeantes et sous-développées (meilleur partage des gains au niveau de la chaîne touristique), une stratégie touristique efficace nécessite la mise en place d’un mode de gouvernance plus approprié, en vue de concilier les impératifs de rentabilité (objectifs de court et moyen termes) et les exigences de la durabilité (souci du long terme), de cette activité désormais reconnue par les Nations Unies comme une activité économique à part entière.

25 votes. Moyenne 2.72 sur 5.

l'equipe de l'ATSF, Merci de votre confiance.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×